Oh Hiroshima – All Things Shining

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Cette chronique n’était pas prévue à mon planning. J’avais déjà survolé l’album All Things Shining du groupe Oh Hiroshima sans grande conviction à sa sortie fin juin et j’étais passé à autre chose. Mais comme j’ai eu l’occasion de les écouter en live le onze décembre à Karlsruhe, je me suis dit, pourquoi ne pas donner une nouvelle chance à leur dernier album.

Cette fois je me suis posé, j’ai fermé les yeux et je suis rentré dedans pour de bon. Je connais le groupe depuis l’album Myriad en 2022, un disque que je n’avais pas chroniqué non plus à l’époque.

Oh Hiroshima fait du post-rock shoegaze chanté. Un quatuor en live où le chanteur est quasiment invisible alors qu’en studio, il prend nettement plus de place.

All Things Shining est un album de trois quart d’heure contenant huit pistes dont deux de plus de sept minutes.

Disons le tout de go, sa production laisse à désirer et c’est bien regrettable car l’écriture du groupe suédois est toute en subtilité. Contrairement à la version live, leur musique studio s’enrichit d’instruments à cordes, de cuivres et de voix féminines. En outre, le chant est nettement plus lisible que le yaourt à peine esquissé lors du concert à Karlsruhe. Un meilleur enregistrement aurait pu mettre tout cela nettement mieux en valeur.

Oh Hiroshima joue du post-rock à la forme assez classique comme dans le titre ‘Memorabilia’ qui clôture l’album. Attention, je dis classique, mais il s’agit d’un  post-rock avec une sacrée dynamique et sur lequel on ne s’endort jamais.

Mais il y a des titres qui sortent clairement du mood post-rock. ‘Deluge’ par exemple me fait beaucoup songer aux premières expérimentations de Radiohead quand ‘Swans In Field’ se rapproche pas mal de ce qu’écrivent les islandais de Solstafir, mais sans la voix écorchée. 

Et que dire de cette trompette qui hante le second morceau ‘Holiness Movement’ où une basse semble écrire à elle seule la fin de la pièce ?

Je n’ai pas vraiment plus à ajouter sur All Things Shining sorti du fait que je suis très heureux de m’être penché à nouveau dessus après le concert. Finalement je regrette de ne pas avoir acheté le vinyle comme Seb d’autant que sa pochette est vraiment magnifique.

Allez l’écouter, vous pouvez le découvrir sur Bandcamp et au passage jetez une oreille à Myriad sorti deux ans plus tôt.

Salles d’attente

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Quelques sièges alignés, une table basse où trônent de vieux magazines, plein de personnes assises, le regard plongé sur l’écran de leur smartphone, je suis installé dans une salle d’attente.

Masque recommandé, distanciation obligatoire, j’attends mon tour, la boule au ventre. 

Kinésithérapeute, médecin généraliste, prise de sang, échographie, laboratoire, médecin généraliste, spécialiste, IRM, chirurgien, anesthésiste, clinique, j’attends avec une angoisse grandissante le prochain rendez-vous programmé sur Doctolib. 

Ma boîte mail est pleine de ces messages, des rendez-vous, des résultats. Mes SMS également, me rappelant quand je dois retourner chez tel ou tel praticien, comme si je ne savais pas que je devais y aller.

J’ai tout d’abord pris des rendez-vous en soirée après le travail puis j’ai demandé à quitter le bureau plus tôt pour finir par poser des journées de congé. On m’a bien proposé un arrêt de travail d’une journée mais à quoi bon ? Il y a les jours de carence. J’ai informé ma hiérarchie que que je risquais d’être absent assez souvent, j’en ai parlé à quelques amis et j’ai fini par avertir la famille.

L’attente entre chaque examen et ses résultats est interminable. Limite insoutenable. Plus j’avançais dans les examens, moins bonnes étaient les nouvelles.

De salle d’attente en salle d’attente, les patients se font moins nombreux et plus angoissés. Les enjeux grimpent. Je ne suis pas encore résigné, je garde l’espoir de passer au travers.

La dernière salle d’attente me trouvera certainement allongé entre quatre planches de bois. La bonne nouvelle c’est que ça n’est pas pour tout de suite.

On en reparle dans six mois, à la prochaine prise de sang.

11.22.1963

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Que s’est-il passé le 22 novembre 1963 à Dallas ? Allez un petit effort… Oui bravo ! JFK s’est fait tiré dessus et est mort peu après de ses blessures.

Pour les U.S.A. Cet attentat fut un véritable traumatisme et aujourd’hui encore personne ne sait vraiment ce qui sait passé. Un homme, Lee Harvey Oswald, a été arrêté et condamné mais beaucoup de personnes se demandent encore aujourd’hui qui a commandité ce meurtre. Le nombre de théories du complot au sujet de l’assassina de Kennedy saturent l’Internet.

11.22.1963 est un roman de Stephen King et une série en huit épisodes qui tourne autour de la mort de JFK. 

Un homme venu de 2016 revient en 1960 pour empêcher le meurtre du président.  Pourquoi 1960 ? Parce que dans la réserve du restaurant de son ami, se cache une faille temporelle qui conduit toujours en 1960. Quelque soit le temps que vous passez à cette époque, vous revenez en 2016 deux minutes plus tard et les modifications que vous apportez au flux temporel se répercutent dans votre monde. Et vous pouvez refaire le voyage autant de fois que vous le désirez.

Evidemment, lorsque vous touchez à un élément clé de l’histoire, celle-ci vous met des bâtons dans les roues pour que le continuum espace temps soit respecté. Et plus l’évènement est important, plus les bâtons sont gros. Alors l’assassina de John F. Kennedy, imaginez un peu…

La série nous plonge dans l’âge d’or des États-Unis, ses grosses voitures colorées, son code moral et sa ségrégation. On s’y croirait.

L’histoire, quand à elle, ne se limite pas à l’assassina de JFK, bien entendu. Jake Epping, notre héros incarné par l’acteur James Franco, pose ses bagages dans le passé, trouve un travail et commence son enquête autour du mystérieux Lee Harvey Oswald. Il se lie inévitablement avec des personnes de son passé malgré plusieurs mises en garde et évidemment tout se complique à partir de là.

Une excellente série dévorée en quelques jours dont je ne vous dévoilerai surtout pas la fin pour que vous profitiez de la surprise.

Oddleaf – Where Ideal and Denial Collide

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C’est encore une fois Stéphane Gallay qui m’a vendu le groupe français Oddleaf. Lui a reçu leur premier album Where Ideal and Denial Collide en service presse. Moi je l’ai acheté.

Oddleaf est une jeune formation française née en 2020 qui joue du rock progressif inspiré de King Crimson, Jethro Tull, Genesis mais aussi de The Flower Kings ou Steven Wilson. Du prog de haut vol avec flûtes, claviers, guitares, basse, batterie, chant et chœurs joué par cinq musiciens, deux filles et trois garçons.

Where Ideal and Denial Collide comprend six morceaux de une à quatorze minutes dont trois qui dépassent les dix et un qui frise les huit.

Un concept album très instrumental qui parle de notre planète bleue et de ses habitants qui l’ont irrémédiablement empoisonnée et défigurée. Les textes parlent de la beauté de notre monde avant que l’homme n’en fasse un dépotoir, du réchauffement climatique, de la montée des océans, du COVID-19, du numérique qui nous submerge mais aussi de la nature qui résiste tant bien que mal.

Les compositions sont signées par Carina Taurer, la claviériste du groupe. Est-ce donc un hasard si l’album est d’une grande richesse en claviers de tous poils  comme dans le long et brillant instrumental ‘Coexistence – Part I’ ?

Pour la petite histoire, elle jouait auparavant avec le flûtiste du groupe, Mathieu Rossi, dans le trio de musique médiévale Vagarem.

Le timbre d’Adeline Gurtner me fait un peu songer à celui de la chanteuse de Magenta, Christina Booth quand sa ligne vocale me rappelle celui d’Elodie du groupe Auspex. Une voix qui a toutefois tendance à me fatiguer quand elle monte en force dans la gamme. Mais comme l’album possède une forte composante instrumentale, ça passe sans douleur.

Pour la musique, rien à dire, c’est du lourd. Le groupe assure et les compositions sont d’une grande richesse. Difficile de faire plus progressif d’autant qu’il y a de la flûte et des claviers vintages rugissants au menu. Les sections instrumentales sont tout simplement éblouissantes et le dernier titre ‘Coexistence – Part I’ est un feu d’artifice qui ravira les amateurs de rock progressif. C’est d’ailleurs mon préféré.

Donc si vous voulez écouter du rock progressif français de très bonne facture, foncez découvrir le groupe Oddleaf, il est sur Bandcamp et propose même une belle édition CD en digipack, comme ça vous avez le choix.

Les secrets de l’astrophoto

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Alors oui, je lis aussi des livres d’astronomie. En fait ça n’est pas nouveau mais maintenant j’en parle après avoir dévoré l’œuvre de Huber Reeves et Carl Sagan. 

C’est à la SAFGA, l’association astronomique que je fréquente, que j’ai entendu parler en bien du livre Les secrets de l’astrophoto. Et comme je débute dans cet exercice, j’ai décidé de le lire pour aplanir certaines difficultés.

Les secrets de l’astrophoto propose d’expliquer aux novices comment réaliser des images du ciel avec un appareil photo numérique. Matériel, équipement, objets, limitations, trucs et astuces, normalement avec ce livre et un peu de pratique vous devriez réussir vos premiers clichés.

Pour ma part, ce livre est arrivé sans doute trop tard. Je sais qu’il faut mettre une doudoune la nuit, qu’il faut aller loin des éclairages publics, combien de temps poser sur un trépied avec tel ou tel objectif, comment photographier la lune ou la Voie lactée. Ça n’est pas non plus bien sorcier. 

Le livre arrive trop tard et pour certains chapitres, comme celui sur le ciel profond, il est bien trop léger. Le passage sur l’alignement polaire d’une monture équatoriale ne vous aidera pas, sauf si vous êtes un génie et le traitement des longues poses sous Photoshop devrait décourager tout être humain normalement constitué. Il existe des logiciels gratuits comme Siril qui font bien mieux le travail.

Le bouquin survole les problématiques et n’explique pas vraiment comment les résoudre, sauf pour les problèmes élémentaires, enfin pour moi. Les milliers de tutoriels présents sur la toile vont bien plus loin et souvent bien plus au fond du sujet.

Les secrets de l’astrographie, qui s’adresse clairement au débutant n’ayant jamais photographié le ciel, risque également de le décourager rapidement s’il veut aller plus loin qu’un filé d’étoiles ou une image de la lune.

Oh Hiroshima

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Faute d’écouter Solstafir au Z7 il y a quinze jours, la semaine passée, je suis allé voir Oh Hiroshima à Jubez à Karlsruhe avec l’ami Seb.

J’ai tenté jusqu’à la dernière minute d’obtenir une accréditation photo mais voilà, mes heures de gloire sont bien loin derrière moi, et je me suis fait jeter par la salle, les organisateurs, et le groupe n’a pas daigné me répondre. Résultat pas de photo. Fut un temps, cela ne posait aucun problème de photographier un concert dans cette salle. Les temps changent.

Je connais le groupe de post-rock Oh Hiroshima depuis que l’ami Stéphane en a parlé sur son blog et j’ai leur album Myriad sorti en 2022 dans la discothèque. Je ne l’ai pas pour autant chroniqué. Du post-rock shoegaze chanté qui s’écoute assez bien sans révolutionner la face du prog. De quoi passer une soirée sympa avec un ami et quelques bières.

Lorsque nous arrivons à Karlsruhe, le marché de Noël bat son plein.  Nos voisins allemands, chaudement vêtus, tassés autour des cabanons colorés, sirotent le vin chaud en mangeant des trucs locaux et pas forcément digestes.

À Jubez, la petite salle de concert située en plein centre, il y a nettement moins de monde, une cinquantaine de personnes à tout casser. Un public principalement masculin clairsemé comme leur cheveux au sommet du crâne et pas très jeune.

 Le trio de post-métal allemand Codeia assurait la première partie. Ils jouent des pièces à rallonge, où ils alternent poutrage post-métal et plages planantes mandoline. Rien de fondamentalement très original pour le genre si ce n’est la durée des morceaux, pas loin d’une demi-heure tout de même. Dans des nuages de fumée orange et rouge ils n’ont joué du coup qu’un seul titre 100% instrumental avant de laisser place à la tête d’affiche. Le son trop fort n’était pas fabuleux et les infra basses faisaient vibrer toute la salle mais c’était supportable. Disons que lorsque le trio levait le pied, c’était jouissif.

Joakim Liebgott qui jouait avec Codeia poursuit avec Oh Hiroshima sur scène. Du coup ce que j’avais identifié comme un duo se transforme en quatuor avec Oskar à la batterie et un quatrième larron aux clavier et guitares. Jakob est à gauche au chant et à la guitare, complètement plongé dans son trip post-rock. Sa voix noyée dans les guitares et ressemble plus à des nappes de claviers qu’à du chant. Denis fait des chœurs plus épais tout en imposant son jeu de basse assez impressionnant. 

Cette fois les musiciens ne sont pas perdus dans la fumée. Les éclairages sont également plus sobres que pour Codeia. Le son est aussi plus limpide sorti du chant mais peut-être est-ce parce que j’ai changé de place, me rapprochant de la scène.

Le rendu de leur prestation me paraît assez éloigné de leurs enregistrements studio, surtout pour quelqu’un qui comme moi connaît assez peu leur musique. Je serai bien en peine de vous dire ce qu’ils ont joué.

Même si je n’ai pas retrouvé mes marques dans la set list, j’ai beaucoup aimé la prestation de Oh Hiroshima. Le post-rock n’est pas vraiment ma came mais en live cela fonctionne toujours bien et là les musiciens étaient à la hauteur du challenge.

J’ai voulu repartir avec un petit souvenir. Pas le vinyle de All Things Shining, leur dernier album en date, que je n’écouterai probablement pas à la maison, mais un teeshirt pour marquer le coup. Il y en avait trois différents mais aucun à ma taille. Je suis reparti avec le modèle que j’aimais le moins mais dans lequel j’avais une petite chance de rentrer. Seb lui, a pris le vinyle, une bière et un coca.

Comble de l’ironie il y a avait deux photographes ce soir là pour couvrir le concert dont un qui devait faire ça pour la première fois de sa vie. Dommage pour moi car il y avait de quoi faire de belles images.

Le concert qui avait débuté à 20h30 s’est terminé vers 23h. À minuit j’étais au dodo, à sept heures au boulot. Monde cruel.

Checking For Echo Project – The Scattering of Leaves

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Checking For Echo Project est le projet de rock progressif mené par le multi-instrumentiste et chanteur écossais Jon Farley. Gravement malade depuis quelques années, il a monté Checking For Echo Project en 2020 et depuis sort un album par an en compagnie de nombreux autres musiciens.

The Scattering of Leaves est son dernier né. Neuf titres pour quarante-quatre minutes de musique où vous pourrez entendre Suzi James, Andy Nixon, Martin Hagarty, Phil Stuckey, Charlie Bramald, Jon Wilkinson, Penny Henderson-Gray et bien entendu Jon.

Un rock progressif atmosphérique parfois gilmourien d’une grande simplicité aux claviers planants et à la rythmique discrète, aux grands soli de guitares et aux voix chargées de pathos.

Près de trois quart d’heure de musique dont les bénéfices financent deux fondations de lutte contre le cancer, autant dire qu’en achetant l’album vous faites en plus une bonne action.

The Scattering of Leaves dégouline de bons sentiments sur une musique proche de celle de Marillion période Easter, de Dave Kerzner ou de Cosmograf. Un truc qui à la base aurait dû me faire fuir et qui pourtant me fait fondre à chaque écoute.

Le coup de foudre est venu pour partie grâce à ces six fabuleux chanteurs mais aussi à cette écriture toute simple, limite naïve qui me change beaucoup de mes dernières découvertes musicales. La présence d’Andy Nixon de Freedom To Glide sur deux morceaux (‘The Scattering of Leaves’ et ‘Those We Leave Behind’) n’y est pas étrangère non plus même si je n’ai pas accroché à son premier album solo The Waterline sorti cette année.

L’album ne comprend que deux titres instrumentaux. Il y a tout d’abord son ouverture à la manière de ‘Serenity’ d’Arena, le court ‘The Darkest Hour is Just Before the Dawn’ et un peu plus loin ‘Ascension’ aux claviers, long quatre minutes et vingt-six secondes.

Sur toutes les autres pièces se succèdent des chanteurs plus ou moins connus mais tous plus talentueux les uns que les autres. Parmi elles, ma préférée est sans nulle doute la plus longue,’ The Ticking Clock’ où une première guitare marque le temps qui passe sur une jolie mélodie pendant qu’une seconde s’envole sur un solo déchirant avant que la voix de Phil Stuckey ne s’impose quelques secondes pour laisser place ensuite à un instrumental angoissant.

Il y a du Floyd dans ‘The Scattering Of Leaves’, du rétro prog dans ‘Venus’, du néo dans ‘The Ticking Clock’, du prog atmosphérique avec ‘Gratis’, une balade sur ‘Stormy Clouds or Brightly Lit’ ou du du planant avec ‘Those We Leave Behind’. Du coup il y en a pour tous les goûts sauf si vous recherchez les sensations fortes et les grands écarts.

L’album The Scattering of Leaves tourne en boucle à la maison au grand désespoir de mon épouse qui ne comprend pas la brutale régression musicale de son époux chroniqueur musical préféré. Mois non plus je ne me l’explique pas trop, peut-être suis-je devenu fleur bleue en vieillissant ? 

Mais voilà, j’adore cet album et je vous le recommande chaudement.

Kirinyaga

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(C) SERGEY PESTEREV

Avez-vous déjà lu un livre de science-fiction qui ressemble à une compilation de contes à la manière du dessin animé Kirikou et la Sorcière ?

Kirinyaga est un recueil de nouvelles que l’on compare souvent aux Chroniques Martiennes de Ray Bradbury. Pourtant dans ces histoires courtes, la science-fiction n’est qu’une toile de fond pour raconter une histoire. Ici pas de robots, de technologies, ni de vaisseaux spatiaux, mais une planète où un peuple a décidé de recommencer une nouvelle vie loin de la Terre. Ce peuple, ce sont les paisibles Kikuyu, qui vivaient autrefois au Kenya avant que l’homme blanc ne détruise leur pays et leur culture.

Une poignée de Kikuyu a fuit la Terre pour créer une utopie sur une nouvelle planète, loin de la civilisation européenne.

Les nouvelles, toujours centrées sur le sage de la communauté, racontent des épisodes de cette vie utopique où les humains mettent souvent à mal leur idéal de vie. Des nouvelles écrites un peu à la manière des contes et dans lesquelles le mundumugu (comprenez le sage) raconte des paraboles mettant en scène des animaux et le dieu Kai.

Le sage et fondateur de cette utopie, un certain Koriba, un homme cultivé et fanatique qui a vécu en Europe avant de retourner au Kenya, me rappelle beaucoup le patriarche du roman Ravages de Barjavel pour son intransigeance et son refus de tout retour à la technologie.

A la fin de la série de nouvelles de Kirinyaga prend place Kilimandjaro, un mini roman qui raconte cette fois l’utopie réalisé plus tard par le peuple Massaï. Une tout autre manière de considérer l’utopie africaine, en prenant cette fois beaucoup plus de distance avec le poids de la tradition. Cette suite est un complément indispensable à Kirinyaga, apportant un tout autre regard sur l’utopie.

Est-ce qu’une utopie peut survivre à la nature humaine et aux passage des générations ? Un vaste sujet souvent traité dans la science-fiction comme par exemple dans Les Dépossédés d’Ursula le Guinn. Le livre Kirinyaga apporte quelques réponses mais pose beaucoup plus de questions.

Un fabuleux recueil de nouvelles à lire absolument.

Planétaire

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Jupiter

Le Celestron Edge HD 8 est un très bel instrument pour l’astronomie planétaire. 

Son ouverture à f/d 10 et son champ réduit se prêtent parfaitement à l’observation de la Lune, Jupiter, Saturne ou Vénus lorsqu’elles sont suffisamment hautes sur l’horizon. 

Le souci de cet instrument réside dans son système de mise au point par déplacement du miroir qui manque cruellement de précision, problème que j’ai corrigé avec l’installation d’un porte oculaire Crayford et l’ajout d’un renvoi coudé quartz.

J’ai enfin pu tester le setup sur Jupiter et la nébuleuse d’Orion depuis la terrasse du jardin un soir après le travail. 

J’ai installé un Barlow x 3 ainsi qu’un oculaire grand champ Explore Scientific de 14 mm, l’équivalent d’un oculaire de 5 mm soit un grossissement de plus de 400 fois avec un très belle image.

J’ai également testé ma caméra de guidage noir et blanc pour filmer la planète avec le Barlow x 3. C’était la première fois que je tentais une acquisition d’image via ce procédé et cela fonctionne plutôt bien à condition d’avoir compris que la vidéo n’est pas enregistrée sur la mémoire de l’Asiair mais dans la tablette.

Pour traiter ces vidéos, il existe de nombreux logiciels sous Windows. Mais voilà, je suis sur Mac. Du coup tout devient plus compliqué. Il y a bien un logiciel qui fait le travail. Il s’appelle Planetary System Stacker. Hélas il fonctionne avec le langage Python.

Et pour tout vous dire cela fait des années que je n’ai pas bidouillé en informatique encore moins sur MacOs. 

Je ai récupéré le code source du logiciel, puis j’ai installer plusieurs versions de Python 3 sur l’iMac avant de trouver la bonne. Ensuite il a fallu comprendre la documentation d’installation et de configuration de Planetary System Stacker sur un Mac. Le mode d’emploi fourni était des plus lacunaire alors j’ai navigué dans les forums d’astrofondus.

Le logiciel nécessitait l’ajout de plusieurs bibliothèques Python non fournies, des mises à jour de la distribution et quelques ajustements pour que cela fonctionne. Cela m’a pris plusieurs heures pour trouverez et tout à coup, miracle, Planetary System Stacker à démarré. 

Il fonctionne avec des fichiers .SER alors que j’avais enregistré mes images en .MP4 avec l’Asiair. Le logiciel SIRIL m’a permis de convertir ma vidéo au bon format et le cœur battant j’ai testé Planetary System Stacker.

Le logiciel sélectionné dans la vidéo les meilleures images (les plus nettes) et ensuite les additionne comme pour le stacking du ciel profond. Après, quelques curseurs vous permettent d’améliorer l’image obtenue.

Le résultat est assez moche mais cela reste ma plus belle image de Jupiter à ce jour donc je suis très content.

Vu que cela fonctionne, je pense maintenant m’équiper d’une caméra couleur dédiée au planétaire. La caméra ASI533MC que j’utilise pour le ciel profond n’est pas forcément adaptée à cet exercice.

Pour ceux que cela intérresse voici un mode opératoire pour l’installation de Planetary System Stacker sous Mac, du moins les étapes dont je me souviens.

Le code source du logiciel Planetary System Stacker est ici : https://github.com/Rolf-Hempel/https://github.com/Rolf-Hempel/PlanetarySystemStacker

C’est la version 0.9.8.3. Vous récupérez une archive PlanetarySystemStacker-master.zip qu’il suffit de décompresser et qui contient le code du software.

Pour installer Python sur votre Mac, allez sur cette page : https://www.python.org/downloads/macos/

J’ai choisi la version Python 3.9.13 MacOS Intel car mon vieux Mac tourne avec un micro processeur Intel i7 et que celle-ci semblait fonctionner avec le code.

Vous récupérez un fichier python-3.9.13-macosx10.9.pkg sur lequel il faut cliquer pour l’installer. Une fois installé, lancez le Python Launcher, l’icône de la petite fusée jaune et bleue.

Dans le répertoire décompressé PlanetarySystemTracker-master vous trouverez le fichier texte PyPI_Instructions.txt qui explique comment installer le logiciel, vous pouvez essayer, mais je ne suis pas certain que vous arriverez au bout sans un message d’erreur.

J’ai ouvert un Terminal (une invite de commande Linux si vous préférez), ça se trouve dans les Applications (Launchpad), dans Autre, Terminal.

Depuis le terminal je me suis placé dans le répertoire où j’ai désarchivé mon fichier ZIP puis le répertoire de l’archive (le texte en italique est a taper dans le terminal) :

cd Documents/PlanetarySystemStacker-master

J’ai lancé la commande (pas certain qu’elle soit utile mais je l’ai fait) : python3 setup.py sdist

Il va vous falloir deux bibliothèques Python pour que cela fonctionne : twine et bdist_wheel

Pour installer bdlist_wheel tapez : pip3 install wheel

Pour installer twine par contre je suis passé par ce lien où vous téléchargez une archive twine-6.0.1.tar.gz : https:/github.com/pypa/twine/

Pour l’installer tapez ou un truc du genre : pip3 install twine ou python3 install twine, je en sais plus.

Tapez ensuite : python3 setup_macos.py bdist_wheel –plat-name macosx_10_6_intel pour installer wheel

Mettez à jour Planetary System Stacker avec cette commande : pip3 install –upgrade planetary-system-stacker

Normalement votre logiciel est installé. Placez-vous dans le répertoire PlanetarySystemStacker-master/planetary_system_stacker : cd planetary_system_stacker

Et lancez le programme : python3 planetary_system_stacker.py

Le logiciel devrait s’ouvrir. Pour son utilisation, je vous renvoie à sa documentation en PDF PlanetarySystemStacker_User-Guide.pdf

Bonne chance !

Wormsand – You, The King

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Ce n’est pas souvent que j’écoute du stoner, encore moins du stoner français. Pourtant je suis tombé, je ne sais plus comment, sur l’album You, The King du groupe Wormsand et j’ai craqué.

Un album de huit titres de deux à sept minutes chanté en anglais et joué par un trio de Menton. Il s’agit de leur troisième production après un EP en 2019 et un premier album en 2021.

Stoner est clairement trop réducteur pour décrire la musique du ver des sables. Sludge psyché stoner serait plus approprié en réalité.

Ne nous mentons pas, la pochette du disque réalisée par l’illustrateur Johrice m’a tout de suite tapé dans l’œil, je la trouve magnifique. Un roi vêtu de bleu au visage grisâtre partiellement masqué par sa couronne imposante. Une image totalement raccord avec le thème de ce concept album puisque l’on parle ici du déclin d’un roi.

C’est pourtant la musique qui m’a amené à cet album. Un stoner lent, appuyé, frisant souvent le psychédélique où scream et chant clair racontent la chute du souverain sur des guitares saturées et pesantes d’où surnagent quelques accords plus clairs.

De prime abord, la musique et le concept font de You, The King un album très homogène. Mon oreille n’étant pas vraiment familiarisée avec les subtilités du stoner, j’ai tout d’abord entendu le gros son des coups de boutoirs de la basse de Clément et de la guitare de Julien. Du coup ce sont les contrastes vocaux (et il y en a pas mal) qui ont commencé par rythmer l’histoire. Le chant clair de Clément me fait penser à Ghost quand le growl bien épais de Julien nous ramène à du post hardcore démoniaque.

Au gré des immersions successives dans l’album, les soli de guitares comme dans ‘Digging Deap’, les subtils breaks à la ‘Daydream’ et les intros inventives comme celle de ‘You, The King’ (second du nom), m’ont prouvé que Wormsand ne se contentait pas de jouer un stoner basique. En réalité leur musique est complexe, très écrite, bien loin des standards du stoner. Je trouve d’ailleurs You, The King nettement plus subtil et mieux produit que leur premier album Shapeless Mass sorti il y a trois ans.

Si je critique souvent les groupes français essayant de chanter en anglais, sincèrement je trouve que Wormsand s’en sort avec les honneurs. Disons qu’avec mon niveau dans la langue de Shakespeare je n’y vois que du feu.

Si vous aimez le stoner raffiné, je vous recommande chaudement la découverte You, The King, vous ne serez pas déçu du voyage.