Respectez nos oreilles !

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Pourquoi faut-il qu’un live, le son soit si fort ? Pourquoi faut-il mettre des bouchons dans une salle étudiée pour un public de trois-cent personnes ? Pourquoi faut-il s’exploser les tympans avec vos basses ?

C’est pour faire plus rock ? Pour couvrir les braillards buveurs de bière ? Pour masquer les imperfections de votre équipement ?

Il existe des salles à l’acoustique épouvantable où l’ingé son pousse le volume pour donner le change, faisant trembler les verres bières, vibrer le sol et saigner les oreilles. Il existe également des lieux acceptables qu’un bon technicien réussit à sonoriser agréablement.

J’ai entendu le pire dans un auditorium classique, le meilleur dans un immense hall en béton et d’honnêtes résultats sous un plafond de deux mètres.

Dans mes meilleurs souvenirs il y a eu Peter Gabriel au Zénith de Strasbourg, un son parfait, sans bouchons, Ray Wilson Chez Paulette, avec un équipement tip top et une équipe très pro. Dans mes pires cauchemars – j’en rêve encore -, Leprous à La laiterie, un mur de basses dans une petite salle pour cacher les faiblesses vocales du chanteur ce soir là et Marillion au Noumatrouff à Mulhouse où les parois en tôle ondulée de la salle servaient de caisse de résonance à tous les instruments. Entre ces extrêmes quelques saignements de nez au Grillen à Colmar et maux de tête à Substage à Karlsruhe.

A qui la faute ? A ces ingés sons vieille école, à ces artistes voulant que ça fasse du bruit ? A ces salles sans acoustique ? A des soundchecks effectués à l’arrache ?

Quand je vois des enfants au premier rang, près des murs d’enceintes, là je fais les photos, qui se mettent les mains sur les oreilles, j’ai peur pour eux. En concert, je porte toujours des bouchons en silicone, -15 Db, moulé à la forme de mon oreille, et même ainsi, il m’arrive d’avoir des sifflements le lendemain de live.

Respectez nos oreilles, ne gâchez pas la musique, pas la peine de pousser le son comme des malades, nous ne sommes pas sourds, enfin pas tous.

Et vous les amateurs de rock, protégez-vous, mettez le préservatif des oreilles.

Et si j’allais mourir ?

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Les mauvaises langues diront que je suis un hippopotame, la version lourde de l’hypocondriaque, et ils n’auront pas forcément tord.

Mais sérieusement, et si j’allais mourir ? Nan c’est pas drôle quoi ! J’avale des triptans comme les oiseaux picorent des graines, sauf que les oiseaux, ils possèdent des machins dans leur jabot pour broyer la bouffe. Ceci dit moi aussi j’ai l’impression d’avoir un jabot. C’est une petite poche toute dure sur le flanc gauche qui me chatouille tout le temps. Enfin chatouille c’est vite dit, quand je m’allonge sur le côté ou sur le ventre, c’est assez inconfortable voire douloureux, quand je fais du sport, ça fait mal. J’ai mon jabot depuis deux ans, depuis une certaine gamelle à vélo. Et chaque médecin possède son explication à cette gêne :

  • Mon général : « Vous avez encore mal ? C’est curieux. »
  • Mon ostéoporose : « Les intestins sont comprimés autour des autres organes. »
  • Mon gastropode : « Faudrait faire une colo, ça tombe bien, c’est l’été. »
  • Mon entraîneuse : « Chéri, faut faire du sport. »
  • Mon expert : « Vous aurez mal toute votre vie. »

Et si j’allais mourir, si j’avais un truc très très grave que personne il ose me le dire pour pas que je pleure et que je continue à aller bosser de comme si de rien n’était. Non j’suis pas parano !!! J’en ai juste un peu mare d’avoir mal. Et comme les mecs doutent, ils me font faire des examens, cinq tubes de sang par-ci, (mine de rien on a pas tant que ça de tubes de sang dans un petit corps malade), un scan par là, une écho là dedans, une colocataire au doigté délicat, un étron dans un popo et j’en passe et des meilleures.

Quand les résultats tombent, y a toujours des valeurs pas dans les clous comme le cholestérol. Mais ça je m’en fou, j’aime trop les gésiers, les magrets, la crème fraîche, le fromage et les glaces. De toute façon, la dernière fois que j’ai fait la trêve des crémiers et des charcutiers j’ai perdu 10 kilos en un mois, tombant à 55, record historique depuis mes 12 ans. Alors le médecin m’a regardé et a dit d’un ton las, mangez au moins du fromage sinon dans un mois vous vous envolez. Dans la liste des chiffres bizarres, y a des enzymes qui couinent et des chimies pas très bio qui ne respectent pas les cotas. D’après internet je suis déjà mort et mon rein est foutu, cancer, infarctus, dysfonctionnement rénal.

Pendant un an je me suis résigné à cette douleur lancinante « qui va passer ». Oui mais quand ? Et puis avec les beaux jours, la gène est redevenue inconfort, voire douleur. Alors je retourne voir mes copains les vampires sacophiles, si ça existe d’abord ! Pas dans Twilight ou dans Buffy contre les Vampires cartes, mais dans Urgences.

Sérieusement là, si j’allais mourir. Qui qui reprendrait le webzine hein ? Qui préparerait le numéro du mois d’août. Qui utiliserait mes appareils photos, qui écouterait tous les CDs, vinyles déjà stockés à la maison et ceux qui ne sont pas encore arrivés. Qui frapperait mes enfants (faut bien leur apprendre la vie) –  qui vient de lever la main fébrilement là ? – qui s’occuperait de retrouver les clefs, l’iPhone, le sac à main, les partitions, le violoncelle, le piano à queue, la voiture de ma femme, qui hein ? Qui donnerait à manger au chat, changerait sa caisse, viderait les poubelles, arracherait les mauvaises herbes du jardin ? Hein qui ?

Le rein gauche est un peu bousillé alors je vais devoir boire des litres tous les jours et donc pisser encore plus (comme si c’était possible). Je suis en hypoglycémie le matin, je dois de manger plus, mais pas trop car j’ai du mauvais cholestérol donc je dois faire gaffe à ce que j’avale et c’est décidé, je pars en colonies de vacances où on va me la mettre bien profond à tous les coups. Pour les migraines, j’ai toujours droit à de grandes boites de graines, à picorer sans modération, c’est beau la chimie !

Bon je vais attendre un peu avant de mourir, y a pas le feu, puis j’ai plein de trucs à faire. Mais si un vampire scatophile trouvait juste une explication à mes petites misères viscères, quitte à me faire explorer encore une fois les entrailles, ce serait sympa, parce que y a pas à dire, une douleur sourde vingt-quatre heures sur vingt-quatre ça tape sur le système et ça donne naissance à de drôles de pensées parfois, vous ne trouvez pas ?

Quoi ma caisse, qu’est-ce qu’elle a ma caisse ?

Je sais, je radote, mais je 31 mai 2016, je me cassais la figure à vélo. Une semaine d’hospitalisation, cinq mois d’arrêt, la tuile ! Mais dans mon malheur, j’ai eu la bonne idée d’exploser mon rein au cour d’un trajet travail, maison. Résultat un accident, totalement pris en charge par mon employeur.

Le 7 juillet 2016, je passais mon troisième scanner de contrôle. Totalement handicapé, perclus de douleurs, je me rendis à l’examen non sans mal, accompagné de mon épouse. Là bas, quand je leur annonçais qu’il s’agissait d’un accident du travail, ils me demandèrent des papiers que mon employeur n’avait pas encore daigné signer, vous savez la bureaucratie et la bêtise humaine créent parfois des situations grotesques. Donc en l’absence de ces papiers, je réglais moi même les 15.61€ de la part mutuelle, je n’étais de toute façon pas en état de protester.

Un an plus tard, je reçu une facture de 15.61€, relative à un scanner fait le 7 juillet 2016. J’ai passé de nombreux scanners cette année là, mais deux dans la même journée non, il ne faut pas abuser des bonnes choses tout de même. Sauf que je ne me souvenais plus d’avoir payé. Alors je contactais l’hôpital, leur expliquais qu’il s’agissait d’un accident du travail, leur fournissait les papiers (cette fois je les avais) et retournais à mes activités.

Deux mois plus tard, je recevais une lettre de relance, concernant une facture relative à un examen fait le 7 juillet 2016, un scanner… Je contactais l’hôpital, qui m’informa que ma caisse avait rejeté le remboursement des soins, sans explication, mais qu’il ne fallait pas que je paye, car, entre temps, la facture avait explosé, la caisse primaire ne remboursait plus la partie sécu. Vous me suivez ? de 15.61€ je passais à 118.82€.

Je reçu quinze jours plus tard, une facture de 15.61€ pour un second scanner et celle de 118.82€ pour le premier. Effrayé par la tournure des choses, je payais fissa les deux factures avant qu’un huissier ne vienne à la maison me piquer mes vinyles. Je me retournais ensuite vers ma caisse le 1er octobre 2017 pour me faire rembourser.

Mais voilà que l’hôpital m’envoie à la Toussaint un avoir de 15.61€ pour une double facturation, celle d’un scanner fait le 7 juillet 2016. Ben oui, j’ai payé deux fois le fameux scanner, entre temps j’ai retrouvé le reçu. Sauf que mon scanner je l’ai payé 15.61€ plus 118.82€, pas 15.61€ plus 15.61€ et qu’en réalité, je n’aurais rien du payer. Donc je contacte une nouvelle fois l’hôpital. Je tombe sur une personne très aimable et compétente avec qui nous rions beaucoup en essayant de démêler la pelote administrative. Elle m’annonce, hilare, qu’en fait la facture de 118.82€ n’est pas bonne et que je vais recevoir un correctif sous peu, le montant réel est de 119.57€ ! La bonne nouvelle c’est que l’hôpital me doit bien 15.61€. Elle me propose alors de prendre les 75 cents de différence sur les deux factures et de me rembourser 14.86€ au lieu des 15.61€ afin de clôturer la facture explosive.

Nous sommes fin novembre, la caisse n’a toujours pas donné de réponse à mon courrier du 1er octobre. Je viens de leur renvoyer le dossier avec la quittance de 119.57€ plus toutes les autres pièces. Qui sait, peut-être qu’en 2018 j’aurai une réponse, à moins qu’une nouvelle facture de 120.17€ ne me parvienne entre temps, pour un scanner fait le 7 juillet 2016.

Quand je pense que j’ai passé six scanners entre mai et novembre 2016, j’ai quelques frissons parfois.

 

Sevrage

0h00, réveillé avec des bouffées de chaleur.

2h00, réveil en sursaut, angoissé.

4h00, émeutes urbaines, nous nous replions dans une habitation délabrée. Dans un placard, est rangé le téléphone portable de Mike Portnoy. Je sais qu’il contient une bombe nucléaire. Je m’en saisi. Sur l’écran archaïque s’affiche : bombe… boum… boum. Je le lance au loin par la fenêtre. Éclair de feu, explosion assourdissante, souffle de poussière, la bombe atomique vient d’exploser.

6h00, réveil dans un état d’agitation extrême, la journée risque d’être éprouvante…

Je suis en plein sevrage après 30 jours sous Librax, un anxiolytique. Terrifiant.

Il est libre max…

Un 31 mai

31 mai 17:30
Inconnu – restez allongé, je vais vous enlever le casque
Inconnu – les secours arrivent

31 mai 18:00
Pompier – vous allez bien, vous pouvez vous lever ?

Pompier – restez allongé, on va vous mettre sur la civière.
Pompier – on va rouler doucement, c’est dans ces moments là que l’on se rend compte que la chaussée n’est pas en bon état.

Ambulance – pin-pon ! pin-pon !

31 mai 18:30
Urgentiste – allongez-vous, on va faire quelques examens, vous aviez un casque ?
Infirmier – vous êtes tombé comment ?
Infirmier – vous avez mal où ?
Infirmier – vous pouvez vous lever ? Vous avez sans doute une côte fêlée. Je vais vous faire une radio du thorax, une analyse d’urine et une prise de sang.
Infirmier – c’est bon c’est fini. Vous pouvez rester assis dans la salle d’attente.

31 mai 19:30
Urgentiste – Vous avez du sang dans les urines, je vais vous poser une perfusion et vous allez passer un scanner.

31 mai 21:30
Radiologue – une chute à vélo ? Hé ben.
Scanner – zonzon zonzon brrrrrrr zon zon brrrrr…
Radiologue – ne restez pas debout, on va vous mettre dans une chambre.

31 mai 22:30
Urgentiste – nous ne sommes pas équipés pour vous garder ici, nous allons vous transférer. Surtout bougez le moins possible.

1er juin 00:15
Ambulancier – non monsieur, ne bougez pas, on va vous porter.
Ambulancier – ça vous est arrivé comment, à vélo ? vous ne vous êtes pas loupé…

Ambulance – pin-pon ! pin-pon !

1er juin 00:45
Interne – on vous emmène en soins intensifs, vous êtes entre de bonnes mains.
Machines – bip, pfff, bip, tuuuuuuut… bip !
Infirmier – je vais vous poser une sonde, ça n’est pas très agréable mais dans votre cas, c’est plus prudent.
Machines – bip, pfff, bip, tuuuuuuut… bip !

1er juin 09:00
Brancardier – je vous transfère en urologie, c’est à côté.
Brancardier – non, surtout ne bougez pas du tout.

Infirmière – vous devez rester allongé, d’accord ? Le médecin va passer.

Voisin de chambre sympa – qu’est-ce qui vous est arrivé ? Ben dites donc…
Voisin de chambre sympa – moi ? Ablation du rein gauche, je suis greffé du rein droit, j’ai l’habitude.

1er juin 20:00
Médecin – vous avez une fracture du rein de stade 3 avec une hémorragie interne.
Médecin – vous avez survécu à la nuit, maintenant vous allez rester chez nous, allongé pendant une semaine, immobile.
Médecin – avec un peu de chance vous éviterez l’ablation du rein.
Médecin – vous comprenez les enjeux ?

Voisin de chambre sympa – ça va vous tenez le coup ?

1er juin 12:00
Aide soignante – voila le repas, bon appétit !
Aide soignante – vous n’avez pas le droit de bouger ? ça ne va pas être facile, je vais vous découper la viande et vous apporter un verre à bec verseur.
Voisin de chambre sympa – tu veux que je t’aide ?

2 juin 19:00
Médecin – alors comment ça va aujourd’hui ?

Voisin de chambre vraiment très sympa – si tu veux, je te rase demain, ça te fera du bien.

3 juin 09:00
Voisin de chambre vraiment très sympa – tu vois, on se sent mieux quand même rasé de prêt.

3 juin 20:30
Médecin – plus de sang dans les urines, c’est bien.

4 juin 18:00
Médecin – vous avez toujours mal ?

5 juin 7:00
Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

5 juin 13:00
Aide soignante – pour la grosse commission, ça ne va pas être facile. Vous êtes constipé ?

Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

5 juin 23:00
Voisin de chambre vraiment très sympa – j’ai de la fièvre, ça va pas du tout, tu peux appeler l’infirmière ?

Interne paniqué – 40°C, ça ne baisse pas, vous avez essayez de lui [bip] et de le [bip] ?

6 juin 08:00
Infirmière – on transfère votre voisin au service greffe.
Voisin de chambre vraiment très sympa et comateux – bon courage pour la suite !

6 juin 11:00
Brancardier – je vous emmène pour un scanner.
Scanner – zonzon zonzon brrrrrrr zon zon brrrrr…

Nouveau voisin paranoïaque – putain, les salops, il vont me virer le rein.
Nouveau voisin paranoïaque – m’ont rien dit sur ma douleur, j’ai tumeur grosse comme un point qui disent, vont tout virer, putain, les salops !
Nouveau voisin paranoïaque – pas confiance dans ce médecin, il ne me dit pas tout.
TV – en marche

Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

6 juin 01:00
TV – en marche

7 juin 07:00
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…
TV – en marche

Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

7 juin 07:30
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

7 juin 07:45
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

7 juin 08:00
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

7 juin 08:10
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

7 juin 08:20
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

7 juin 08:30
Pompe analgésique du nouveau voisin paranoïaque – bip… pfff…
Nouveau voisin paranoïaque – Haaaaa…

Infirmière – dites, il va falloir essayer de lever le pied avec la pompe.

Nouveau voisin paranoïaque – putain de salope de d’infirmière, j’ai mal moi !
TV – en marche

7 juin 20:00
Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

Médecin – je vais vous donner un produit contre la constipation.
Médecin – sinon le scanner ne montre pas de régression, vous allez pouvoir rentrer à la maison, demain vous vous levez.

8 juin 02:00
Nouveau voisin paranoïaque – putain j’ai mal, la TV, te dérange tant que ça ? ok, ok je coupe la TV !
TV – éteinte

8 juin 06:00
TV – en marche
Nouveau voisin paranoïaque – putain j’ai faim, ils me donnent rien à bouffer.

8 juin 10:00
Infirmière – on va essayer de se mettre debout aujourd’hui, attention à ne pas tomber, tout doucement.
Infirmière – vous avez toujours mal ?

Intestins – Youpi !

8 juin 14:00
TV – en marche

Médecin – vous allez pouvoir sortir, je vous met en arrêt pour deux mois, ne faites aucun effort, restez allongé le plus souvent possible, ne marchez pas, ne prenez pas la voiture, le train et pas de rapport sexuels.
Médecin – je suis sérieux.

TV – en marche
Nouveau voisin paranoïaque – salut, j’espère qu’ils ne vont pas me crever ces salops.

7 juillet 09h00
Radiologue – je vous injecte un produit pour stimuler le rein, ne bougez pas.
Scanner – zonzon zonzon brrrrrrr zon zon brrrrr…
Vessie – au secours !

12 juillet 11:00
Secrétaire – il y a un peu de retard dans les rendez-vous.

12 juillet 15:30
Médecin – c’est bien, pas de régression, l’hématome est presque résorbé, vous avez mal ?
Médecin – on se revoit en octobre.

31 juillet 10:00
Généraliste – vous ne vous êtes pas loupé, vous avez toujours mal ? Je vous prolonge d’un mois et vous allez faire un peu de kiné, après deux mois allongé, il faut relancer doucement la machine.

1er août 09:30
Kiné – ben alors qu’est-ce qui vous arrive ?
Kiné – ouille ! on va y aller tout doucement alors.

28 août 10:15
Généraliste – vous avez toujours mal ? Bon on poursuit la kiné et vous ne reprenez pas le travail, c’est trop tôt.

26 septembre 11:00
Généraliste – vous voulez reprendre le travail, je comprends ça doit commencer à faire long, à mi temps alors.

1ier octobre 17:00
DRH – non impossible de mettre en place un mi temps thérapeutique, demandez au médecin de prolonger votre arrêt.

2 octobre 09:00
Généraliste – bon on prolonge alors, je vous arrête jusque fin octobre, on verra ce qu’en pense le médecin.

13 octobre 10:00
Radiologue – je vous injecte un produit pour stimuler le rein, ne bougez pas.
Scanner – zonzon zonzon brrrrrrr zon zon brrrrr…
Vessie – au secours !

25 octobre 9:00
Secrétaire – il y a un peu de retard dans les rendez-vous.

25 octobre 14:00
Médecin – le rein est quasiment réparé, vous avez toujours mal ?
Médecin – si vous voulez reprendre le travail doucement c’est possible.
Médecin – on se revoit dans un an pour un contrôle.

3 novembre 7:00
Collègues – tiens un revenant !
DRH – oui vous pouvez vous aménager un temps partiel avec vos jours de congés restants, nous on ne sait pas mettre en place un temps partiel thérapeutique ici.

1er décembre 10:00
(nouveau) DRH – vous n’avez pas fait une visite de reprise ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas obtenu un temps partiel ?

12 décembre 14:30
Médecin du travail – vous ne vous êtes pas raté, dites donc, toujours mal ?
Médecin du travail – vous devriez rester à temps partiel encore un peu.

23 janvier 09:00
Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

Généraliste – toujours mal ! Plus qu’avant ? Ce n’est pas normal. Je vais vous faire faire une coloscopie. Un temps partiel, non ce n’est plus possible, vous avez repris à plein temps.
Généraliste – en attendant je confirme la consolidation de votre blessure.
Généraliste – bon d’accord, avec séquelles.

3 février 17:00
DRH – vous allez prendre rendez-vous avec un rhumatologue pour une expertise médicale.
DRH – comment ça un urologue ? Non un rhumatologue.
DRH – une fracture du rein vous dites ? Ce n’est pas un os ? C’est quoi ? Un organe vous dites…
DRH – je vais voir.

7 février 16:45
Secrétaire – le médecin a un peu de retard.

7 février 19:00
Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

Gastro entérologue – qu’est-ce qui vous arrive ? Un coloscopie, comme ça ? On va faire des examens préliminaires, je n’ai pas envie d’aggraver les choses.
Gastro entérologue – vous allez me faire prise de sang, analyse d’urines, copro-culture, échographie, radios du bassin, de la colonne…

8 février 10:00
Secrétaire – les ordonnances sont au nom de votre fils ? pas de problème je vais prévenir le médecin de corriger ça, il revient le 21…

Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

24 février 18:00
Intestins – grrrrr… pffff…grrrrr… pffff…

Analyses – hématocrites pas bons, hématocites pas bon, sang dans les urines, pas bon…

27 février 17:00
DRH – Nous n’avons pas d’expert urologue, on prend un généraliste ?

3 mars 08:00
Radiologue – ben qu’est-ce qui vous arrive encore ?
Vessie – au secours !
Échographe – bzzzzz, sploch, bzzzzz
Vessie – ahhhhh !
Radiographie – brrrrr, flash, brrrr, flash, flash, flash, flash, Fukushima !

3 mars 11:30
Rapport écho – RAZ
Rapport radio – RAZ
Fion (à ne pas confondre avec le Fillon, bien que) – youpi ! Les jolies colo de vacances, merci maman, merci papa…

20 mars 08:00
Épouse – tu as une tique dans le dos
Nouveau généraliste – elle est vilaine votre tique
Prescription – antibiotiques pour un mois
Nouveau généraliste – vous avez encore mal des suites de votre chute ?
Prescription – patch antidouleur
Petit corps douillet – Ahhhhhh !

21 mars 17:30
Secrétaire médicale – Il y a un peu de retard
Lecture du Grand N’Importe Quoi

21 mars 19h00
Gastro entérologue – Je reviens, un patient vient de faire un malaise

21 mars 19h30
Gastro entérologue – rien sur l’écho, rien sur la radio et ces patchs vous font du bien ? Ben c’est sans doute musculaire alors, on ne va pas faire de colo dans ce cas là d’accord ?

28 mars 17h25
Secrétaire médicale – passez en salle d’attente monsieur.
Salle d’attente – vide !

28 mars 17h30
Expert médical mandaté par l’employeur – donc une chute de vélo, une fracture du rein stade 3, vous avez encore mal ?
Petit corps douillet – oui un peu…
Expert médical mandaté par l’employeur – allongez-vous sur le dos. Vous avez mal là ?
Petit corps douillet – Aille !
Expert médical mandaté par l’employeur – et là quand je fais ça ?
Petit corps douillet – Rhhhaaaaaa !
Expert médical mandaté par l’employeur – la douleur vient du dos, rien de grave, allez voir un bon ostéopathe il va vous arranger ça.

3 avril 10:45
Ostéopathe – fracture du rein, pas possible ?
Ostéopathe – en effet, vous êtes bien crispé, je vais essayer de manipuler tout ça.
Petit corps douillet – Rhhhaaaaaa !

3 avril 12:00
Ostéopathe – bon ça suffira pour aujourd’hui.
Petit corps douillet – oui !
Ostéopathe – on se revoit le 24.
Petit corps douillet – Ha ?

To be continued…

Tic Tac

Tic Tac fait le réveil, c’est un de ses tics les plus agaçants. Un truc me gratte dans le dos, j’ai la tête dans le sac, il va me falloir un bon café. La jounée s’annonce belle, douceur et quelques nuages, l’arôme du nectar noir emplit la cuisine. Le truc me gratte toujours le dos. Une bonne douche et il n’y paraîtra plus. Décidément, mon dos me gratte. Qu’en pense le miroir, suis-je toujours la plus belle ? Mon coprs d’athlète aux muscles saillants semble défiguré par une vilaine tâche rouge avec un petit point noir qui gigote en son centre. Tic ? Non tique ! En Alsace, nous ne plaisantons pas avec les tocs. La maladie de Lyme rode dans les fourrés. La tagatactique du tique est de s’accrocher à son hôte pour lui pomper un peu de bouffe et se laisser tomber une fois gavée. Sauf qu’en croquant le bout de gras, cette emmerdeuse infecte bien souvent son garde manger. La matinée semblait belle. Direction le médecin et ses pilules miracle, antibiotiques à forte dose pour un mois et deux prises de sang distantes. En prime des patchs antidouleur pour mon 31 mai. Le lundi, tout le monde souffre de stress pré traumatique de la reprise. La salle d’attente est bondée. Tic Tac, et la tique qui se gave. Tic Tac, la matinée est foutue.

Pas ce soir chérie, j’ai la migraine

Qui n’a pas entendu cette excuse bidon, quand sous la couette, après quelques approches subtiles, votre douce se refuse à vous ? Saviez-vous qu’un français sur cinq souffre de migraines ? Savez-vous d’ailleurs ce qu’est une migraine ?

Alors imaginez. Une douleur d’intensité supérieure à une rage dentaire, située sur un des côtés de votre front, une douleur pulsante, souvent accompagnée de troubles visuels,  d’une hypersensibilité à la lumière, aux bruits et aux odeurs avec pour couronner le tout des nausées voire de vomissements. Une douleur qui peut durer de douze à soixante douze heures, allant sans cesse croissante et pour laquelle, passé un certain stade, on ne peut plus rien. Imaginez encore, que cette douleur revienne une à deux fois par semaine, qu’elle vous oblige à vous enfermer dans le noir, dans le silence complet, loin de tout parfum ou odeur de cuisine. Ça y est, vous savez ce qu’est une migraine.

Et non, il n’y a pas que les filles, quand elles ont leurs ragnagna, qui font des migraines, ou alors je suis un transgenre et je vais avoir du mal à aller pisser aux U.S.A..

Les chercheurs n’en connaissent pas vraiment la cause. Elle est due à une brutale dilatation des vaisseaux sanguins dans le cerveau et semble posséder une origine génétique. A ce jour, il n’existe aucun traitement fiable pour la soigner.

Pour calmer la douleur, oubliez le Doliprane, l’Aspirine, ça ne fonctionne pas ou pas assez longtemps. J’ai testé un opiacé il n’y a pas longtemps. Une heure d’attente pour calmer la douleur et efficace pendant une heure. Dose maximale trois gélules par vingt quatre heures… Imaginez la surdose pour tenir trois jours.  Déjà faut-il pouvoir prendre un médicament lorsque la crise est commencée sans le vomir immédiatement (vous savez les nausées). Heureusement,  il existe des molécules efficaces, les triptans par exemple, encore faut-il les supporter eux et leurs effets secondaires indésirables, mais c’est mieux que rien, surtout avec deux crises par semaine.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter la fréquence des crises : la fatigue, le stress, la contrariété, le chocolat, les produits gras, l’alcool, les lumières stroboscopiques, les produits volatiles comme l’essence, la peinture, le parfum. Plusieurs facteurs peuvent atténuer les crises, la caféine (vasoconstricteur), une bonne hydratation, le grand air. Alors pour lutter, je me couche tôt, je ne bois plus d’alcool, je en mange pas de chocolat (que j’ai appris à détester), j’évite les chantiers, les femmes trop parfumées (et pots de peinture), je bois du café et je pisse tout le temps en me promenant en pleine nature.

Les médecins, mes copains, adorent expérimenter sur le sujet. Beta bloquants, anti-dépresseurs, antiépileptiques, que des molécules sympathiques qui rendent impuissant et vous réduisent à l’état de tofu. Les vendeurs de rêves, eux, vous proposent des médaillons, des bandeaux, de l’hypnose, des thérapies, des plantes exotiques tous aussi chers qu’inefficaces.

Etre migraineux revient à vivre comme un handicapé. Obligé de transporter sur soi en permanence la dose pour se soigner, la crise pouvant survenir n’importe où n’importe quand. Prévoir une sortie, un voyage devient à la longue source d’angoisse, sachant qu’une crise peut vous terrasser en plein vol, au milieu d’une réunion ou chez des amis, et l’angoisse favorise les crises, un cercle vicieux.

On accuse l’alimentation d’être cause de migraine, alors j’ai écouté et essayé plein de choses : plus de produit laitiers (-5 Kg), plus de sucres (-2 Kg), plus de gluten (-1 Kg). Je n’ai pas essayé tout en même temps. Mais déjà que plus d’alcool, de chocolat de fromage et de charcuterie c’est pesant, si du haut de mes 65 Kg habillé j’arrête tout, je vais devenir si léger que le vent m’emportera à la première rafale.

Mon entourage connait bien les signes avant coureurs de la tempête : agitation, nervosité, intestins liquides, irritabilité, et dans ces moments là, la maisonnée se met en mode silence, plus de musique, de parfum, de lumière. Les triptans agissent rapidement (une à deux heures) s’ils sont pris à temps, mais souvent je repousse l’échéance au cas où la crise passerait toute seule (ça arrive parfois avec 30 min de sommeil réparateur et pas mal de caféine). Une fois la molécule ingérée, la vie peut reprendre un cours presque normal malgré quelques raideurs musculaires et un manque de tonus évident.

L’ennui, c’est que depuis que je suis sujet aux migraines, leur fréquence va sans cesse croissante. A l’adolescence, une tous les six mois, durée 6 heures, adulte, une par mois durée 12 heures, aujourd’hui, une par semaine durée 24 à 72 heures. Et dans dix ans ?

Certains, ceux qui ne font pas de migraine, pensent que tout ça ce n’est que psychologie, qu’avec une bonne thérapie ce sera terminé. Si vous connaissez un thérapeute qui soigne les migraines avec des résultats, je prends, mais je préviens, il y a aura du boulot. Les divers médecins que j’ai consultés affirment tous que c’est un problème physiologique, juste que l’on n’en connaît pas encore vraiment la cause. Comment se fait-il qu’avec une personne sur cinq atteinte de ce mal en France (un marché juteux), la recherche médicale n’ait pas fait plus de progrès dans le domaine ? Est-ce plus rentable de vendre des cocktails de molécules que de mettre au point un traitement efficace ? On parle d’une injection mensuelle qui devrait ralentir les crises. Le produit pourrait être mis sur le marché dans trois ans, je suis impatient d’essayer.

Je connais quelques miraculés de la migraine, qui un jour sans explication aucune, n’en ont plus jamais eu. Des personnes disent que cela se tasse avec l’âge, pour l’instant je fonctionne dans l’autre sens. Si vous avez une expérience sérieuse sur des guérisons ‘miracles’, des traitements efficaces, n’hésitez pas à le partager ici. J’ai bien dit sérieuse.

La bosse du gros orteil

Août 2014
J’ai une bosse au gros orteil.

Septembre 2014
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Généraliste : Une bosse au gros orteil, et alors ?
– Moi : Ben ça fait mal.
– Généraliste : Ca fait mal ? Montrez alors…

– Généraliste : Curieux, jamais vu ça.
– Moi : Et ?
– Généraliste : On dirait une boule de graisse, mais c’est peut-être osseux, c’est arrivé comment ?
– Moi : Tout seul.
– Généraliste : Ha… Bon on va faire une radio et une échographie.

Octobre 2014
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Radiologue : Une bosse au gros orteil ? Montrez voir.

– Radiologue : Ben ça alors, Jeanine vient voir !
– Jeanine : Oui ?
– Radiologue : Regardes, le monsieur a une bosse sur son gros orteil !
– Jeanine : Ho c’est dingue ça, jamais vu ça !
– Radiologue : Moi non plus, c’est fou hein ?
– Moi : Dites…
– Radiologue : Ha oui, bon ben on fait une radio et une écho.

– Radiologue : Jamais vu un truc pareil, c’est osseux, un kyste osseux, peut-être lié à un problème articulaire, parce que sinon je ne vois pas.
– Moi : Et ?
– Radiologue : Faudrait consulter un rhumatologue pour ça.

Octobre 2014 
– Moi : Bonjour docteur, je reviens pour ma bosse sur le gros orteil.
– Généraliste : Et ?
– Moi : Ben vous avez eu l’écho et la radio ?
– Généraliste : Oui.
– Moi : Et ?
– Généraliste : Je n’ai jamais vu ça.
– Moi : Ah… Le radiologue parlait d’aller consulter un rhumatologue.
– Généraliste : Non, je vais vous envoyer chez un chirurgien orthopédiste pour vous faire enlever ce kyste.
– Moi : Ouille, bon ok.

Décembre 2014 
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Chirurgien : Et quel rapport avec moi ?
– Moi : Il s’agirait d’un kyste osseux.
– Chirurgien : Ok montrez moi ça.

– Chirurgien : Hé Paul, viens voir ce truc, le monsieur a un kyste au gros orteil.
– Paul : Marrant, jamais vu un truc pareil.
– Chirurgien : Moi non plus.
– Assistante : Montrez voir.
– Moi : Mais.
– Assistante : C’est dingue !
– Paul : Fendard.
– Chirurgien : Bon oui. Et qu’est-ce que je peux pour vous ?
– Moi : Mon médecin voudrait que l’on procède à une ablation.
– Chirurgien : Hou là. Moi j’opère pas ça comme ça. On va faire une IRM.
– Moi : Une IRM, mais j’ai déjà les radios et l’écho.
– Chirurgien : On ne voit rien dessus.
– Moi : Bon, ok.

Février 2015 
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Radiologue : Montrez voir ?

– Radiologue : Jamais vu un truc pareil de ma carrière.
– Radiologue : Franck, viens voir !
– Franck : C’est quoi ?
– Radiologue : On dirait un kyste osseux.
– Franck : Dingue ça !
– Radiologue : Une photo pour mon Facebook ?
– Moi : Dites ?
– Radiologue : Oui, ok, l’IRM.
… … …
– Radiologue : Voila c’est fait.
– Moi : Et ?
– Radiologue : J’envoie les résultats au chirurgien, il vous contactera.

Mars 2015 

– Moi : Aille.

Avril 2015 

– Moi : Aille.

Mai 2015 
– Moi : Aille.
– Moi : Allo docteur, j’appelle pour ma bosse sur le gros orteil.
– Chirurgien : Ah oui la bosse sur le gros orteil.
– Moi : Et…
– Chirurgien : Je n’opère pas ça, au revoir.

Mai 2015 
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Généraliste : Ah oui, la fameuse bosse, vous n’avez pas été opéré ?
– Moi : Ben non.
– Généraliste : Et ça fait mal ?
– Moi : Oui, ça fait un an que je marche en pantoufles, même cet hiver, je ne peux pas mettre de chaussures.
– Généraliste : Si le chirurgien ne veux pas opérer je ne peux rien pour vous.
– Moi : Un rhumatologue comme le conseillait le radiologue l’an passé ?
– Généraliste : Si vous voulez mais ça ne servira à rien.

Juin 2015 
– Moi : Bonjour docteur, j’ai une bosse au gros orteil.
– Rhumatologue : Montrez voir.

– Rhumatologue : Effectivement, c’est curieux, je n’ai jamais vu ça. Il faudrait l’enlever.
– Moi : Oui mais le chirurgien refuse de m’opérer.
– Rhumatologue : C’est qui le chirurgien ?
– Moi : Chirurgien.
– Rhumatologue : Chirurgien, c’est normal, ce n’est pas sa spécialité, il n’opère que les kystes sur l’os.
– Moi : Mais c’est un kyste osseux ?
– Rhumatologue : Oui, mais pas sur l’os. Il faudrait consulter un nouveau chirurgien.
– Moi : Oui mais lequel ?
– Rhumatologue : Je ne sais pas.
– Moi : Alors je fais quoi ?
– Rhumatologue : Je vais vous prescrire des séances de kinésithérapie pour écraser le kyste.
– Moi : Ecraser le kyste ?
– Rhumatologue – Oui, ça peut marcher.
– Moi : Ho putain !

Juillet 2015 
– Moi : Bonjour, j’ai une bosse au gros orteil.
– Kinésithérapeute : Bonjour, montre-voir.

– Kinésithérapeute : Ma femme a eu la même chose, faut l’écraser, ça fait mal, mais ça soulage.
– Moi : Ouille…

Août 2015 
– Moi : Ouille…

Septembre 2015 (premier anniversaire) 
– Moi : Ouille…

Octobre 2015 
– Moi : Ouille…

Novembre 2015 
– Moi : Ouille…

Décembre 2015 
– Kinésithérapeute : Ben voila, tu peux mettre des chaussures maintenant.
– Moi : Oui ça tombe bien, l’hiver arrive.
– Kinésithérapeute : Bon le kyste est toujours là mais tu as moins mal non ?
– Moi : Oui, ça fait du bien.
– Kinésithérapeute : Surtout ne te fais pas opérer, ils risquent de faire plus de casse que de bien. Au pire tu reviendras pour que l’on recommence un peu.
– Moi : Oui… Ouille…

Janvier 2016 
Généraliste : Alors ce kyste au pied ?
Moi : Ben il est toujours là.
Généraliste : Il fait mal ?
Moi : Non.
Généraliste : Il faudrait l’opérer quand même.
Moi : Heu… on peut attendre un peu ?

Septembre 2016 (second anniversaire) 
J’ai une bosse au gros orteil mais depuis je me suis fracturé le rein, alors je m’en fou.