L’expérience interdite

Image

Je serai curieux de connaître l’impact de la disparition du webzine des réseaux sociaux en terme de fréquentation. Google Analytics m’informe que le réseau social représente environ 16% du trafic entrant alors que les accès directs eux atteignent 33% et les moteurs de recherche 45%. 

J’avoue que ma relation à Facebook ressemble de plus en plus à je t’aime je te déteste. Il s’agit d’un excellent média pour se tenir informé lorsque les labels et artistes ne nous contactent pas directement. C’est aussi un outil très utile pour contacter directement des groupes. Après c’est aussi un espace où les cons sont rois et dans lequel il est facile de perdre des heures à ne rien faire.

Et je préfère perdre mon temps à lire, photographier, écouter de la musique, me promener, qu’à lire les inepties de certaines personnes ou qu’à regarder des vidéos de chatons. 

Depuis trois semaines déjà, je n’alimente plus mon profil de liens vers le blog et mes clichés. Après tout, si cela intéresse réellement quelqu’un, il ira y faire un tour tout seul comme un grand, je ne recherche pas l’audimat ici.

Pour le webzine c’est un peu plus compliqué. Sans courir après l’audience, il faut bien que les publications soient lues à minima. Et les musiciens apprécient également de se voir tagués sur les réseaux sociaux.

Je vais tenter une expérience. Au mois d’août, période de faible affluence, je ne vais plus rien publier sur Facebook tout en continuant à faire tourner le webzine, et à la fin du mois, je comparerai les scores de fréquentation avec les autres années, mesurant ainsi l’impact de notre disparition du réseau Zuckerberg. Si le score n’est pas calamiteux, je poursuivrai l’expérience, en rappelant peut-être notre existence aux socialisés de temps à autres.

Cela ne signifie pas que je vais clore mon compte Facebook, je vais continuer d’y passer quelques minutes chaque jour pour rester informé. Car ne regardant pas la télévision et n’écoutant pas la radio, je risque de m’apercevoir un matin que la troisième guerre mondiale qui fait rage en ce moment s’est achevée dans un conflit nucléaire total.

Comment ça la troisième guerre mondiale n’a pas éclaté ? Fake news ? Saloperie de réseaux sociaux !

Time

Image

Avez-vous la moindre idée du temps que nous sommes capables de dégager dans une journée avec un minimum de volonté ?  

J’en arriverais presque à m’ennuyer maintenant que je connais le secret.

Si vous aussi, vous désirez connaître mon infaillible secret afin optimiser le temps, une méthode inventée par le grand maître Siddhana Covhididha et transmise de génération en génération avec amour, lisez les préceptes qui suivent :

« Le temps est relatif et nous le dilapidons chaque jour un peu plus. Ecoutez moins votre corps et laissez l’esprit commander. » 

 » – Vous n’avez pas besoin de dormir sept heures par nuit, trois sont amplement suffisantes à notre métabolisme. » 

 » – De même qu’un repas frugal quotidien sustente largement l’organisme sans oublier de pratiquer le jeûne hebdomadaire qui purifie le corps. » 

 » – Les besoins naturels peuvent attendre, ce n’est qu’une question de contrôle. » 

« Avec ces trois règles élémentaires, votre journée s’allonge naturellement de six heures. Six heures gagnées pour votre épanouissement personnel. »

« Lorsque la fatigue survient, méditez quelques secondes, ouvrez vos chakras et respirez profondément, l’énergie affluera dans vos veines. »

« Et surtout concentrez-vous sur l’essentiel: oubliez le travail abrutissant, les voyages inutiles, les biens non indispensables, les relations dénuées de spiritualité, tendez votre esprit et votre corps vers l’illumination et abandonnez tout le reste. »

Sinon, si comme moi, vous n’êtes pas mystique, si vous aimez manger, rire avec des amis et dormir de longues heures au chaud sous la couette, vous pouvez suivre les conseils d’un nihiliste 2.0 :

« Coupez les notifications non vitales de votre smartphone. »

Vous verrez, vous perdrez moins de temps sur les photos de tata Germaine pendant sa cure de balnéothérapie, vous n’entendrez plus les cons et vous gagnerez de précieuses heures que vous pourrez consacrer à lire, vous promener, voir des amis ou écouter de la musique.

Je suis dans ma quinzaine sans réseaux sociaux, du moins juste le minimum. Je continue de photographier et publier et je poursuis ma thérapie sur le bog. Du coup cela me dégage plein de temps pour écrire ce genre de conneries…

Plants solidaires

Image

Un ami (et non, je ne lui en veut pas du tout, il ne pouvait pas savoir le pauvre) avait partagé sur Facebook la publication d’une association affiliée à Emmaüs proposant des plants de jardin.

Et comme tous les ans, au mois de mai, j’achète des plants de tomates, géraniums, concombres, poireaux et que sais-je encore pour garnir le jardin ainsi que le potager, je me suis dit, pourquoi ne pas faire un bon geste tout en préparant son jardin.

Je remplis donc le questionnaire de Plants Solidaire Emmaüs afin d’être contacté lorsque l’opération commencerait.

Le 16 avril je reçois un mail comme quoi je suis bien enregistré dans le programme. Ils sont tout content, l’opération a remporté un grand succès « Vous avez été près de 1900 à manifester votre intérêt pour le vente de plants solidaires, qu’Emmaüs Mundo organise en partenariat avec le FAS de l’AIPAHM d’Illkirch. Et ça tombe bien, nous avons des milliers de bons plants qui n’en peuvent plus d’être confinés dans nos serres.Ne vous ruez pas, il y en aura pour tout le monde !« .

Le 26 avril je reçois le bon de commande au format xlsx.

xlsx, vous croyez que tout le monde possède Open Office sérieusement ? Moi je suis sous Mac d’abord… Enfin bon.

Le 28 avril je renvoie ma commande et je paye avec un surcoût de cinq euros de contribution volontaire, volontaire ? Ben non, puisque l’on a pas le choix à moins d’annuler sa commande…

Les livraisons et mises à dispositions étaient prévues normalement à partir du 1er et 2 mai.

Le 30 avril un message m’informe que je connaîtrai demain la date pour aller chercher mes plants sur Illkirch-Graffenstaden.

1er mai, pas de message.

2 mai, pas de message. Je les contacte au téléphone, personne.

3, 4 mai, pas de message. Je les contacte au téléphone et là un gars m’annonce que la distribution prévue a été reportée sur un autre site et que je recevrai un mail le soir même ou le lendemain.

5 mai, pas de message.

6, 7, 8 mai. Pas de message. J’essaye en vain de les contacter au téléphone, et pourtant c’est super organisé, deux numéros de portable pour chaque jour de la semaine.

9 mai, pas de message. Je craque. Je commande mes plants chez le fleuriste chez qui je vais habituellement et j’envoie un message à l’association pour les avertir que j’annule ma commande.

10, 11 mai. Pas de réponse.

12 mai. L’association m’annonce que ma commande sera disponible le 15 mai entre 14:30 et 15:00. « Mon jardin est fait les gars, c’est plus la peine ! ». Je leur renvoie un nouveau mail, les informant que j’annule ma commande puisqu’ils n’ont pas donné de nouvelles depuis le 30 avril.

13 mai, pas de message, je tente de les contacter en vain.

14 mai, pas de message, je tente de les contacter en vain. Puis miracle, vers 20h, une charmante personne de l’association me téléphone. J’explique mon cas et elle ne semble pas du tout surprise. Elle m’envoie alors un mail contenant un formulaire de remboursement que je m’empresse de remplir. Un chou c’est un chou !

L’opération a été victime de son succès et l’association n’a manifestement pas su gérer l’affluence, submergée de mails et d’appels téléphoniques. Ils ont promis de faire mieux l’année prochaine. Il faudra faire en effet beaucoup mieux, mais je ne suis pas certain de recommencer l’expérience, je ne suis pas très joueur de nature.

J’aurais dû m’en douter

Image

Mais quelle idée ai-je eu de poster la vidéo de Steven Wilson sur un groupe Facebook parlant de Prog ? Un mec s’est aussitôt énervé, avant même d’avoir eu le temps d’écouter les neuf minutes jusqu’au bout.

Pour tout vous dire, je ne grimpe pas au rideau moi non plus en écoutant le morceau ‘Personal Shopper’, d’ailleurs je suis loin de vouer un culte à cet artiste. Mais il lui faut reconnaître tout de même un certain génie tout de même, déjà, il vend des disques, lui.

Alors j’ai répondu au gars qu’il fallait cesser d’être prog intégriste, que pour moi Wilson était un génie. Et là c’est parti en coquille comme d’habitude.

Pourquoi les artistes qui réussissent, surtout dans le microcosme qu’est le rock progressif, seraient-ils forcément des escrocs, des plagieurs, des profiteurs, des vendus, des mecs sans inspiration, juste capable de faire du business.

Je suis content lorsque à un concert, la salle est pleine, les musiciens sont bons, les éclairages spectaculaires, le son de qualité et l’âge moyen du public inférieur à cinquante ans.

J’en ai un peu mare des sous-sols crasseux où traînent une cinquantaine d’incontinents septuagénaires nostalgiques qui espèrent entendre à nouveau du Magma, du Yes ou du Genesis des années soixante-dix. Ces vieux grincheux ont été jeunes, s’en souviennent-ils ? La musque est vivante, elle évolue, même dans le rock progressif trop longtemps sclérosé.

Si vous voulez jouer du canterbury écouté par deux-cent personnes, grand bien vous fasse, faites vous plaisir et laissez ceux qui désirent vivre de leur musique essayer de toucher un plus large auditoire. On dirait que dans le rock progressif, gagner sa vie en jouant de la musique, est presque devenu quelque chose de vulgaire.

Dans le monde du rock progressif, existe ce pseudo élitisme musical épouvantable qui bannit le 4/4 de la partition, exige des pistes de plus de dix minutes, des changements de tempo toutes les quatre secondes et des musiciens sortis du conservatoire. Mais qui écoute ça aujourd’hui ?

Le plus drôle dans l’histoire, c’est que en postant cette vidéo sur Facebook, mon post a fait un buzz, plein de personnes l’ont regardée, ont posté leurs états d’âme en commentaires, et par conséquent fait un grosse pub au prochain album de Steven Wilson. Alors merci à eux de soutenir, à leur manière, la création musicale.

Court circuit

Image

Les hypermarchés seraient en plein déclin nous dit-on. Face à la nouvelle concurrence des enseignes bio et des supérettes de proximité, les grandes enseignes ne résisteraient pas.

Il faut avouer que prendre sa voiture pour quelques kilomètres le samedi, la garer sur un parking bondé, chercher un caddie qui roule droit et parcourir d’énormes rayonnages pour trouver du beurre demi-sel, cela peut gâcher un week-end ensoleillé. D’autant que dans ces temples de la consommation, les clients se comportent comme des abrutis, bloquant les allées, fonçant dans les autres personnes, tournant en rond, le téléphone à l’oreille et tentant de vous gratter pour passer plus vite à la caisse.

La scannette permet d’échapper aux caisses, supprimant au passage des emplois mais honnêtement, la méthode me gave car il faut penser à effectuer le travail de l’employé chômeur à chaque article. Ma femme adore.

Existe-t-il des solutions alternatives aux temples de la consommation ?

Oui bien entendu. Les drives par exemple, vous êtes toujours obligé de prendre la voiture mais la commande se fait sur Internet au préalable. Moins de bousculade mais au final pas de vrai gain de temps. Il faut patienter dans le froid que l’employé esclave livre les sacs et souvent, même si votre liste de course standard a été enregistrée sur le portail, les produits n’étant pas toujours disponibles, vous perdez pas mal de temps à trouver un de substitution. La méthode manque de diversité et vous finissez par manger toujours la même chose. De plus, les grandes enseignes ne proposent qu’une petite sélection de produits dans leur catalogue. J’ai testé plusieurs drives, je ne suis pas convaincu même si parfois cela dépanne.

ll y a également la livraison à domicile, basée sur le même principe, des courses commandées sur Internet et une livraison à la porte. C’est généralement un peu plus cher, pas vraiment plus écolo et cela possède les mêmes inconvénients que le drive en terme de choix de produits.

Sinon, vous pouvez faire vos courses près de chez vous : le pain chez le boulanger, la viande chez le boucher, les fruits et légumes au marché et le reste dans les supérettes de proximité.

J’ai de la chance, dans ma rue, nous trouvons aujourd’hui trois de ces épiceries ‘fines’ qui servent également de point relais coli et dealer local. Elles sont ouvertes tôt le matin jusque tard le soir et même les week-ends ainsi que jours fériés. Je peux, panier à la main, aller faire mes courses à pied tous les jours. Que demande le peuple ?

Des courses de vin, bières, sodas, chips, biscuits et herbe afghane. Nous avons des épiceries mais nous ne trouvons rien à manger dedans et pour aggraver leur cas, elles se fournissent dans les hypers où je peux aller moi aussi faire mes courses pour moins cher évidemment.

En Italie, au Portugal, en Espagne et dans les grandes villes françaises, ces petites boutiques exiguës proposent de tout, viande, fromage, conserves, pain, fruits et légumes à deux pas de chez vous à des prix raisonnables, mais chez moi, on ne trouve que des chips et de la bière venues d’un supermarché voisin.

Alors où faire mes courses ? Je me rends dans un petit supermarché, pas trop loin de chez moi mais pas assez près pour me passer de la voiture, un magasin où le choix est très limité, où les dates de péremption sont à surveiller de très près mais où je boucle mes achats hebdomadaires en moins de trois quarts d’heure chrono. La quête des produits locaux et bio relève de l’aventure niveau dix pour un paladin, un magicien et deux guerriers, mais dans l’ensemble l’impact carbone n’est pas si important que ça. Il y a les quasi inévitables emballages bien entendu, le transport, mais ça pourrait être pire. Je pourrais prendre mon vélo avec un remorque accrochée à l’arrière pour faire ces courses, mais je ne vois pas où je garerais mon attelage et étant donné la configuration des pistes cyclables pour y aller, je préfère la voiture.


Gamin j’allais chercher le lait et les œufs à la ferme. Au marché le samedi, nous achetions les légumes, le pain au village et pour le reste, c’était l’épicier qui nous livrait. Nous consommions très peu de produits préparés mais ma mère était femme au foyer. Aujourd’hui nous n’avons (prenons) plus le temps de cuisiner. Nous sommes trop pris par les vidéos de chatons sur Youtube, explosant doublement notre bilan carbone.

Les Parasites

Image

Je vais aujourd’hui vous parler d’un parasite assez commun sur les réseaux sociaux et qui a tendance à me taper sur les nerfs.

Lorsque vous tenez un blog, un magazine, une page Facebook, un compte Twitter, vous postez du contenu et attendez des réactions de vos lecteurs. Tout cela est dans l’ordre naturel des choses. Des commentaires du genre « moi j’ai adoré », « merci pour la découverte », « ce groupe est génial », « Pas du tout d’accord, vous n’avez rien compris à cette musique »… C’est ça le web 2.0, cette interactivité avec le lecteur qui permet des échanges parfois passionnants.

Mais il existe un autre type de commentaire que je ne supporte pas : les commentaires parasites. Leurs auteurs sont le plus souvent des confrères qui écrivent pour d’autres médias et qui envahissent l’espace de discussion avec des commentaires du genre : « nous allons bientôt en parler sur ziczic.com », « ziczic.com sera à leur concert », « voici notre chronique sur ziczic ».

Que cherchent ces aliens à peine sortis de l’œuf ?

  1. Veulent-ils partager leur enthousiasme avec vous ?
  2. Cherchent-ils à apporter leur pierre à l’édifice ?
  3. Ne peuvent-ils s’empêcher de la ramener à chaque fois ?
  4. Veulent-il s’offrir un peu de publicité gratuite ?

Comprenons-nous bien, il m’arrive souvent de commenter les chroniques de confrères, mais en mon nom, sans coller le lien de ma chronique si elle existe, car je fais clairement partie de la troisième catégorie… et j’en suis navré.

Par contre, je n’utilise pas la page de quelqu’un d’autre comme panneau publicitaire et ce pour de nombreuses raisons :

  • Je trouve cela très impoli
  • Je ne fais pas (plus) la course à l’audimat
  • Parce que je suis assez prétentieux pour imaginer que les gens iront chez nous s’ils veulent savoir ce que nous pensons de tel ou tel album (je sais c’est très prétentieux)

Systématiquement, lorsqu’un de ces parasites tente de noyauter nos publications, je supprime son commentaire. J’ai bien essayé d’éduquer ces personnes en leur envoyant un message « pas subliminal du tout », mais à chaque fois, c’est comme si l’information se perdait dans les méandres d’Internet. Je ne reçois pas de réponse. Plutôt que de me lancer dans la rédaction d’un commentaire désagréable probablement suivi d’une série d’échanges pénibles, je choisis la lâcheté, à savoir la censure.

Ceci dit, je pourrais peut-être vendre un espace publicitaire dans les commentaires Facebook de notre page, cela gonflerait nos revenus.

Par chance, à côté des parasites, il existe une autre catégorie de personnes, des gens de bien, qui au lieu de noyauter les publications des autres, citent leur confrères à chaque fois qu’ils le peuvent, donnant leurs sources, ne pratiquant pas de plagiat et ne cherchant pas à ramener la couverture sur eux en permanence.

Ceux-là je les saluent, mais ils sont trop rares hélas.

Facebook et moi

Qu’est-ce que Facebook pour vous ?

Pour moi tout a commencé par curiosité puis c’est rapidement devenu un moyen de garder contact avec mes deux adorables nièces bretonnes.

Le cercle s’est étendu à quelques un de mes amis, ma femme et des cousins, cousines et tantes par alliance.

Nous postions des photos de vacances très moches, des vidéos de chatons et quelques nouvelles. A ces amis proches se sont greffés quelques connaissances musicales, artistes croisés lors d’un festival et même quelques musiciens jamais rencontrés en IRL.

J’ai eu à cette époque l’idée d’un groupe Facebook parlant de musique, Neoprog, groupe dans lequel j’ai commencé à promouvoir le webzine musical en plein essor. Les fans de rock progressif me faisaient découvrir des artistes, les artistes parlaient de leurs albums et j’y postais nos actualités ainsi que nos chroniques.

Rapidement les amis réels se sont fait submerger par des inconnus du monde du rock, lecteurs, musiciens, promoteurs, tourneurs… La cohabitation musicale et privée devint rapidement intenable et je décidais de me créer une seconde vie virtuelle, un nouveau profil où je fis migrer mes amis musiciens, ne gardant que mes proches de l’autre bord.

Mon avatar Neoprog grandit en puissance et en amis, mon univers familial fut de plus en plus délaissé. D’outil social familial Facebook bascula peu à peu en outil social de travail.

Après quelques mois, je fermais mon profil privé chassant nièces, épouses et grands-mères de mon Internet. Je n’avais plus de temps pour ce Facebook là.

Les groupes parlant de rock progressif, le groupe Neoprog, mes amis musiciens sur Messenger me prenaient toute ma bande passante. Je voyais défiler la vie d’un batteur en images, discutait avec Fish de son derneir album, écoutait les maquettes d’un album et j’étais submergé de sollicitations diverses, tourneur, manager, artistes. J’étais un pur 2.0 du rock.

Tôt ou tard, ça devait m’exploser à la figure.

L’incident arriva en 2016, en même temps que mon accident et je décidai de me retirer des groupes parlant de musiques progressives, de chasser les mauvais coucheurs de mon univers virtuel et de transformer le groupe Neoprog en page, page sur laquelle je gardais un bien meilleur contrôle. Je pris soins également de trier mes amis virtuels, de les limiter autant que faire ce peut à des personnes que je connaissais réellement sans froisser cependant les autres, un exercice délicat. Et je décidai de n’accepter dans ce petit cercle d’amis, que de vrais amis.

Mon fil d’actualité se vida de vidéos inutiles, de propos racistes, des blagues débiles, des commentaires à l’emporte pièce et se remplit d’informations sur les groupes dont nous faisions la promotion dans le webzine. La page Neoprog gagna progressivement en visibilité et le webzine reprit sa vitesse de croisière après un court passage à vide.

Je décidai alors de ne publier sur mon profil que des billets destinés à mes deux cent et quelques amis et je suivis scrupuleusement les commentaires postés sur la page Neoprog pour éviter tout nouveau débordement imbécile.

Aujourd’hui je reviens tout doucement dans les groupes, sur la pointe des pieds, là où les imbéciles intégristes ne frappent pas encore, et ça marche.

Facebook n’est plus un réseau d’échange à proprement parler pour moi. C’est un média de promotion pour le webzine, un moyen de contact pratique avec l’équipe du magazine et quelques artistes, une source d’informations parfois, et j’y passe le moins de temps possible, me consacrant maintenant à la vraie vie de préférence.

Les plus regardées

Image

Quelles sont mes clichés les plus regardés et les plus appréciées ? La question n’est pas anodine, loin de là, il s’agit pour moi d’un indicateur sur ce que suscite mon travail de photographe amateur auprès d’un public de chausseurs d’images, donc des personnes qui a priori s’y connaissent un peu en photographie.

Flickr permet de visualiser des statisques sur les photographies que vous déposez sur la plateforme, à condition de posséder un compte pro. Des statistique assez primitives, mais qui donnent tout de même une petite idée de ce que les gens regardent.

Premier constat, ce sont mes images en noir et blanc qui sont les plus prisées à une exception près et de taille, ma photo la plus vue et la plus mise en favoris, je veux parler de celle-ci :

36453 vues, 164 favoris… Certes elle est jolie cette image, mais quand même.

Second constat, je ne suis pas doué pour les paysages. La première nature bucolique se classe en sixième position avec seulement 1184 vues et 24 favoris, une digue partiellement recouverte par la mer, à presque contre jour qui m’a demandé un mal de chien à développer.

Ensuite les photos d’oiseaux aquatiques obtiennent un franc succès avec trois élues dans le top 10. La Dinde de Noël a par exemple été vue 507 fois.

Les photos de concert, quoique difficiles à réaliser et à développer, n’obtiennent guère de succès, sauf une, et je ne sais pas pourquoi.; Trapolin’ à l’Espace Django 3329 vues et 52 favoris.

Mes clichés lunaires réalisent de bons scores, hélas c’est une de mes pires photographie qui est en tête du palmarès, lors de l’éclipse du 27 juillet 2018; 2759 vues et 56 favoris, incompréhensible.

Je valide par contre certains choix comme cette abbaye en Bretagne; 5420 vues et 77 favoris. Une perspective intéressante et pour une fois, un cliché original dans ma collection.

Oui bien cette perspective d’arcades avec une passante, un tirage que je possède dans mon bureau, en grand format car j’aime beaucoup la photo; 2135 vue et 48 favoris.

Ce que j’ai compris, au fil du temps, c’est que dans Flickr comme sur les réseaux sociaux, pour que quelque chose soit vu, apprécié, il faut le partager dans des groupes. Certains d’entre eux sont plus consultés que d’autres, il faut faire le bon choix et lorsque l’on vous invite à publier un cliché dans un groupe ou seuls les administrateurs peuvent valider une photo, là c’est le jackpot, comme pour ces cormorans sur le Rhin.

Alors j’ai multiplié les groupes pour mieux faire connaître mes images, groupes liés au matériel, groupes thématiques, techniques, mais sans grand succès jusqu’à présent je l’avoue. J’essaye de publier plusieurs photographies par semaine, en fonction de mon temps libre, objectif une image par jour, mais c’est assez difficile à tenir. Peut-être que je ne suis pas très doué en fin de compte malgré mon équipement et tout le temps consacré à ce loisir, mais qu’importe, je me fait plaisir.

Vieillir, c’est moche

Image

Savez-vous à quel moment devient-on vieux, à part le jour où vous n’arrivez plus à tenir un Nikon D810 avec un 200-500 sans sucrer les fraises ?

C’est lorsque vous ne comprenez plus rien à la technologie. 

D’abord il y a eu cette foutue pastille rouge Apple Id sur mon iPhone et son bouton Continuer qui est restée accrochée des semaines aux réglages quoi que je fasse, avant que je comprenne qu’il fallait lire le texte en dessous, que je me déconnecte de mon compte puis que je re-connecte. Avouez que c’est con.

Ensuite il y a eu mon abonnement Adobe, désactivé pour faute de moyen de paiement. Faute de moyen de paiement ? Je vérifie mon compte PayPal, je le réactive, mais non, alors suivant les conseils de Adobe, je renouvelle mon abonnement et là pouf l’ancien abonnement se réactive également et pif deux prélèvements de 11,99 € surgissent sur mon compte. Damned ! Alors paf j’en désactive un et ping un nouveau prélèvement de 11,99 €. Trois cotisations en un mois. Je n’ai rien compris, eux non plus mais Adobe m’a remboursé… gentils Adobe. 

Il y a eu aussi cet excellent album d’Altesia reçu en promotion et que j’ai voulu m’offrir en CD. Je vais sur Bandcamp, commande l’album, reviens en arrière suite à un doute (ai-je bien commandé la version CD ?), je valide ma commande une fois rassuré (tiens le prix a baissé) et me retrouve avoir commandé la version numérique… Rha !!! Alors j’appelle au secours Altesia et les gars trop gentils m’envoient le CD pour le prix du téléchargement, et là j’ai honte, honte d’abuser de la gentillesse des gens et de ne plus rien comprendre à Internet. 

Sans parler de ma 2008 toute neuve restée ouverte toute une nuit car je n’arrive pas à penser au petit bouton de fermeture centralisée lorsque je la gare. C’est vrai quoi, c’était si simple les clefs… Alors je me réveille la nuit en me demandant si j’ai bien fermé tout, la voiture, la maison, le WIFI, l’eau, le gaz, ma braguette.

Et puis, plus grave, il y a eu cette histoire de série télé, Fargo saison 3 avec Ewan McGregor, quatre DVDs, plein d’épisodes que j’ai dévoré avec bonheur. Par contre, au troisième DVD, j’ai vraiment été surpris par ces épisodes flashback avant de réaliser que j’avais visionné de DVD n°3 avant le n°2.

C’est vraiment moche de vieillir…

Ce post aurait pu être sponsorisé par Paypal, Adbobe, la MGM, Peugeot, Nikon, Altesia et Apple.

Virtualisation

Image

Réseau sociaux, email, webzine, promotions numériques, streaming, smartphone, ordinateur, tablette, combien d’heures nous passons devant les écrans, enfermés entre quatre murs. La révolution numérique ressemble beaucoup à une geôle électronique dont la porte est grande ouverte sur l’extérieur.

Aujourd’hui passons plus de temps à échanger des messages avec des avatars qu’à discuter en tête à tête ? Les acteurs du net, après une journée bien remplie devant des ordinateurs, rentrent à la maison et se détendent devant un jeu vidéo, sur un réseau social, en regardant des vidéos ou en écoutant de la musique en streaming. Au restaurant, à la maison, le smartphone est sur la table, dans la rue, il est devant les yeux, dans la chambre, à côté de l’oreiller.

Les bienfaits du NET sont indéniables et multiples, révolution culturelle, puits sans fond de connaissance, source d’information parallèle non contrôlée, moyen de communication instantané et sans frontière. Mais ne sommes-nous pas devenus les esclaves de cette technologie qui devait briser nos chaînes ?

Je me virtualise.

En écrivant pour ce blog, en publiant des articles pour le webzine, en écoutant de la musique sur la toile, en lisant et en répondant aux sollicitations des artistes, en mettant en page, en partageant, en relisant notre travail, je reste bloqué devant ma dalle OLED qui me cache la fenêtre, qui éclipse le soleil couchant et j’en oublierais presque qu’il fait beau dehors, que j’ai des amis avec qui je dois parler.

Comment ne pas se faire aspirer par les pixels, ne pas disparaître dans la fibre optique et se diluer dans les serveurs planétaires. Parfois je me demande si mon avatar n’est pas plus vivant que moi-même.

Avez-vous déjà mesuré votre temps passé chaque jour sur Internet ?

Les problèmes de santé accentuent forcément cette dématérialisation. Au lieu de sortir écouter un groupe jouer en live, j’écoute leur musique sur l’ordinateur pour m’épargner la route, la fatigue et la migraine du lendemain. Au lieu d’aller boire une bière avec un ami, je commence une conversation SMS avec lui. Au lieu d’aller me promener, je retravaille des photos prises des mois plus tôt. Le temps compressé passé connecté est volé au monde réel. Les heures virtuelles se substituent aux secondes analogiques et la journée s’envole, sans que l’on aie réellement parlé avec un être humain où respiré l’air d’une forêt.

Pour reprendre forme humaine, sortir de notre avatar, nous devons nous déconnecter, nous obliger à couper de Wifi, la 4G, poser le smartphone, éteindre les écrans, mettre des chaussures, ouvrir la porte de la maison et sortir. Sortir dans la rue, renter dans les boutiques, marcher le long d’un canal, entrer dans une salle de concert, poser un vinyle sur la platine, soigner son potager, discuter avec ses voisins, parler avec ses proches à table, réserver un espace temps au monde réel.

Vivre.