
Je n’aime pas les chevaux et ils me le rendent bien. Mon cauchemar hebdomadaire était d’emmener mon petit dernier au poney le mercredi parce qu’il fallait sceller Jordy (l’affreux petit poney blanc au gros bide) qui prenait un malin plaisir à gonfler son ventre histoire de m’emmerder.
Mais si il y a bien une nébuleuse qui me fascine depuis mon enfance, c’est la Tête de cheval dans la constellation d’Orion. Un nuage obscur qui possède la forme d’un hippocampe ou d’un buste de cheval selon votre imaginaire.
La constellation d’Orion n’est visible à nos latitudes qu’en hiver et elle recèle de nombreux objets à photographier. Du coup il ne faut pas louper le coche et les opportunités ont été des plus rares cette année.

J’ai photographié la nébuleuse tête de cheval à cinq reprises. La première photo, vous ne la verrez pas, je l’ai jeté tellement elle était moche. J’ai retenté ma chance à l’arrache un matin avant le lever d’une comète, une troisième fois avec un peu plus de temps de pose, une fois avec une grande focale pour zoomer sur le cheval et la dernière fois, presque par accident.
Le ciel était enfin beau après une vingtaine de jours perturbés mais bien entendu la lune était de la partie. Je suis monté au Champ du Feu avec tout le matériel, prévoyant de refaire la nébuleuse de la méduse, IC 443 pour les intimes. Pas un nuage de rodait à l’horizon, l’air était sec malgré les dernières neiges et la température était des plus douce pour un mois de février. S’il n’y avait pas eu la Lune, la nuit aurait été parfaite.

Sauf que ce soir là, elle était au zénith, juste à côté de la méduse et même avec des filtres, le résultat s’annonçait catastrophique. Alors j’ai cherché un objet éloigné de notre satellite et compatible avec le champ de mon instrument et je suis tombé sur IC 434 (juste une permutation de deux chiffres au passage), la fameuse nébuleuse à tête de cheval.
Lancer une session photo astro avec la lunette de 72 est devenu une routine tranquille. Cela se passe maintenant sans accroc ce qui me laisse du temps pour profiter du ciel avec un autre instrument conçu pour l’observation visuelle. J’ai quand même hésité dans mes réglages entre des images unitaires de cinq et dix minutes. Après deux passages de satellites dans mon champ, j’ai opté pour la sécurité, c’est à dire cinq minutes.
Pendant que la caméra travaillait, j’ai installé le télescope pour observer la Lune, Jupiter et la nébuleuse M 42. Des classiques mais bon, les galaxies et nébuleuses un soir de lune, c’est assez difficile à repérer en visuel. C’est pourtant ce que s’acharnait à faire Eliott à côté de moi. Il a tout de même trouvé M81 et M82.

Enzo nous a rejoint vers 20h30 avec son tube tout neuf, un Maksucov Newton 152/731 bradé moitié prix, une bonne affaire ! Sauf qu’il ne possède pas encore de monture équatoriale alors nous k’avons installé sur celle du Celestron pour procéder à quelques essais. Nous avons quelque peu galéré à obtenir une ilage nette dans un premier temps car l’instrument est conçu pour la photographie. Pour faire du visuel il faut visser des bagues d’allonges afin d’avoir suffisamment de distance focale.
Eliott me tannait depuis le début de la soirée pour que l’on pointe la planète Uranus. J’avais vainement essayé de la trouver sous les Pléiades avec son télescope Dobson alors une fois le Maksutov opérationnel, j’ai refait une mise en station du setup et nous avons pu observer la planète bleue distante de trois millards de kilomètres. Eliott était heureux.
Uranus a annoncé le départ de mes deux compagnons. Il était minuit passé, j’étais en montagne depuis quatre heures et j’avais accumulé trois heures trente d’images et je n’avais plus rien à grignoter. Alors j’ai remballé tout l’attirail et je suis redescendu en plaine pour développer le canasson.





















