
Depuis des années, nos amis de Lazuli racontent sur scène et toujours avec le sourire, la dépression qui nous habite en ces temps de réchauffement climatique, de connerie humaine, de guerre, de montée du fascisme et de violence ordinaire.
Être et ne plus être, leur dernier album, paru le 30 janvier, le groupe ne va pas déroger à la règle, bien au contraire. En douze titres, Dominique raconte notre société en posant un regard souvent pessimiste sur l’humanité. Et plus que jamais, Être et ne plus être est un album à texte.
D’ailleurs la musique se fait plus discrète, usant de nouvelles sonorités, délaissant les grandes envolées de guitares et de léode pour mieux laisser entendre les paroles.
Certes, il y a Romain qui se prend pour Rachmaninov dans ‘Quel dommage’, Arnaud qui joue quelques notes de blues, la léode qui miaule occasionnellement et la guitare acoustique solitaire de Dominique dans ‘L’instant’, n’empêche, cet album est différent.

D’abord, je n’aime pas vraiment la pochette avec ces trois bustes de glace qui fondent dans une flaque d’eau.
Ensuite les paroles me paraissent moins légères qu’à l’accoutumée. Elles sont empreintes de tristesse, de désolation, j’irai même jusqu’à dire déprimées.
Tout n’est pas désespéré bien sûr dans les mots de Domi, il y a encore de l’amour comme dans ‘Chaque jour que soleil fait’ et de la nostalgie dans ‘L’instant’ mais vous entendrez surtout beaucoup de désillusion et d’amertume comme dans ‘Quel dommage’.
Citons par exemple ‘Etre et ne plus être’ qui nous rappelle notre insouciance face au désastre climatique comme dans ‘Une chanson Cherokee’, l’humour noir de ‘Sourire’, le retour de la colère dans ‘Matière Première’, la mal bouffe de ‘Mon body se meurt’, des états d’âmes que résume bien le dernier morceau de l’album ‘Au bord du précipice’.
Ce sont les titres ‘Quel dommage’, ‘Être et ne plus être’ et ‘Matière première’ qui m’ont immédiatement interpellés par leurs paroles comme la musique.
J’ai eu plus de mal avec ‘Les 4 raisons’ et ses chœurs. Et que dire de la musique très épurée de ‘Au bord du précipice’ qui m’a tout d’abord surprise.
Il me faudra peut-être plus de temps que d’habitude pour adopter Etre et ne plus être, car il est très différent des autres albums de Lazuli (ce qui est toujours une bonne chose d’après-moi).
Mais je suis certain qu’il va entrer dans la liste des albums que j’écouterai très régulièrement cette année.
Alors, foncez l’acheter, c’est un album que j’aime beaucoup, garanti sans IA, réalisé par des êtres humains laborieux, sensibles et faillibles.

Ils seront Chez Paulette vendredi 3 avril à Pagney derrière Barine près de Toul, pour l’anniversaire de l’association ArpegiA et joueront en première partie de Marillion sur la tournée française du groupe. Surtout ne les manquez pas.













